Le choc culturel est immense. La ville est immense aussi. Evidemment ce promener ici prend une toute autre dimension. La foule d’abord et la chaleur ensuite. Les couleurs, les boutiques, les buildings sont sans doute moins surprenants même si l’on sent tout de suite que tout est différend. Beaucoup d’indications sont écrites en deux langues, donc en anglais, tandis qu’il est facile de se rendre à l’évidence : le chinois de la capitale ne parle ni ne comprend la langue de Shakespeare.
Le métro est climatisé, rapide et quadrille la ville mais il est aussi très fréquenté. Tout est flux de population ici. Les rues sont encombrées de toute sorte de véhicules, les trottoirs de toutes sortes de passant : famille, groupes suivant des fanions, travailleurs, jeunes aux coupes de cheveux « fashion » et portant des tee-shirts marqués de slogans absurdes (parce que mal traduit dans l’imitation).

Les toits pagodes sont nombreux dès que l’on entre dans un parc ou un lieu de visite. Ailleurs, ce sont de grands immeubles qui emplissent le ciel souvent gris de Beijing. La pluie qui permet de revenir sous les 35 degrés nettoie parfois la grisaille et donne un espoir de visibilité élargie jusqu’aux collines de l’Ouest. Ainsi la cité interdite fait briller. ses toits jaunes (or) en plein coeur de la capitale.
Mais revenons plus près du sol et faisons un tour dans les rues piétonnes voisines de notre hôtel (Regent). On y découvre juxtaposées les enseignes les plus occidentales qui soient, des marques de luxe Chanel, Cartier, Aston Martin, Prada, etc, mais aussi les inévitables Subway, KFC et Starbucks aux cotés de Mc Donald’s ! La Chine est ouverte aux vils impérialistes, n’en déplaise à Donald qui souhaite augmenter les taxes pour limiter la casse à l’exportation. Mais la culture chinois est au coin de la rue. Il suffit de tourner dans une ruelle pour découvrir des échoppes autrement typiques.

Et là, le choc culturel devient réalité ! Voudriez-vous une petite brochette de scorpions fraichement grillés ? Hum… ou d’autres friandises du genre qui vous sont proposés avec un sourire, disons, asiatique ?… Tout est à vendre et tout se mange ici. Des bonbons aux insectes ou autres crabes en passant par des mixtures à boire qui sont souvent vertes et nous laissent bouche sèche. Nous ressentons une chaleur étouffante et nous sommes bousculés sans interruption par les pékinois ou touristes du pays. Le chinois n’hésite pas à passer devant, à couper les files, à pousser ceux qui freinent son déplacement, alors qu’il est parfois très lent, le nez collé à son smartphone pour jouer ou envoyer quantités de messages à la Chine entière !…
L’hyper connexion est parmi nous mais seulement sous le bienveillant contrôle des autorités ! Pas une rue, pas un bâtiment ni une boutique sans caméra de surveillance. Tout le monde est en ligne mais tout le monde est surveillé. Ainsi, pour entrer sur la place Tian Anmen, il faut passer un check point et montrer une pièce d’identité (chinois ou étranger).

Alors en fin de journée, il peut être agréable de se balader dans un parc, pour y retrouver un peu de calme. On y verra sans doute des adeptes de Tai Chi ou de Qi Qong, effectuer quelques exercices après une journée de travail, un expert du cerf-volant manoeuvrer dans le ciel son engin avec la facilité d’un professionnel, ou des joueurs de croquet s’entrainer à quelques figures exécutées avance patience et finesse. Beijing est une ville très contrastée et représentative de cette révolution culturelle que nous n’avons pas vu venir et qui semble nous déborder.
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