La longue marche vers Beijing

Et puis nous avons repris le train ! Il le fallait car rester dans ce pays sans aucune garantie sur notre sécurité sur les routes, n’était pas possible. Quand le patron de l’agence de location finit par nous avouer que les mongols eux-mêmes ont peur des policiers, c’est qu’il y a un risque que cela se passe mal n’importe où, dès qu’un incident même mineur se produit sur le parcours. Dommage car nous étions hyper motivés pour sillonner les routes et les pistes de l’Arkangai et des autres régions du Nord Ouest de la Mongolie. Une autre fois peut-être ?…

le train mongol

Alors oui avons réussi à nous procurer deux billets de première classe couchette à bord du train mongol qui rejoint la capitale de la Chine (prenant aussi en compte que notre visa nous permet d’entrer à n’importe quelle date comprise entre son émission et son expiration 3 mois plus tard – rappelons ici que le visa de tourisme chinois est valable 30 jours). Quelle expérience à bord de ce train pour les 30 heures de trajet comprenant le franchissement de la frontière sino-mongole ?

D’abord, il convient de préciser que c’est le plus beau et plus propre train que nous ayons vu jusque là ! Ensuite, la ligne sur sa partie mongole est très lente, et à une seule voie. Le paysage est relativement monotone, même si nous traversons en partie le Gobi et que quelques chameaux sont là pour nous saluer. Enfin et surtout, nous y retrouvons des connaissances ! Et ça, c’est incroyable ! Les mêmes voyageurs rencontrés à bord du Moscou Oulan-Bator, sont aussi montés dans celui-ci ! Nos deux compères suédois, le couple de français et aussi cet américain new-yorkais qui voyage avec son frère médecin (tous deux ayant dépassé la soixantaine depuis quelques temps)…

désert du gobi

Le voyage est donc très agréable et le passage de la frontière chinoise, restera comme un moment fort de ce périple. En effet, nous entrons dans un terminal flambant neuf pour le contrôle des passeports mais aussi de la douane, tout en ayant laissé l’intégralité de nos bagages dans notre cabine! Or tous les passagers de seconde classe font la queue avec leurs bagages, qu’ils devront garder pendant les 3 heures d’arrêt imposées par le changement de boggies (les lignes chinoises ont un écartement de voies différent des autres). Et nous, nous passons les mains dans les poches ! Ah ah !

Plus tard nous sommes assis à l’extérieur (on pourrait penser à la fraiche entre 22h et 1h du matin, et nous buvons quelques bières avec Renaud et Virginie, puis commandons quelques brochettes et des nouilles à un chinois qui nous les rapporte en taxi. Un vrai bonheur que de partager cette soirée entre amis !

les chinois dans les gares

Le lendemain matin, nous sommes en Chine ! Et le pays le plus peuplé du globe nous accueille avec des villes immenses puis une traversée de montagnes via une soixantaine de tunnels creusés dans la roche et qui surplombent parfois rivière ou lac de barrage. Les chinois se pressent aussi dans les gares et nous les découvrons curieux dans les regards qu’ils osent nous lancer du quai ou de leur train local. En arrivant à la gare de Beijing (l’une des quatre gares de la ville des empereurs), la foule est là. Ce premier contact avec la chaleur étouffante et l’incroyable déferlante de gens qui nous assaillent, est le bon. Il s’imprime en nous comme le symbole de notre immersion dans le pays. Chaque jour qui suivra ici, confirmera que nous ne pourrons échapper, ni à l’un ni à l’autre.

une ville chinoise en plein essor

Beijing est moite et son ciel est très chargé, d’une espèce de vapeur torride et polluée. La ville est immense et encombrée. Le taxi que nous prenons pour rejoindre notre hôtel ne parle pas l’anglais, mais heureusement nous avons fait écrire l’adresse en chinois, sur un morceau de papier, avant de le prendre. Vue du 16ème étage, la circulation reste impressionnante à toute heure, et nous trouverons vite nécessaire de rejoindre notre chambre pour une respiration plus sereine…

Marcher dans Beijing, aller jusqu’à la grande muraille… l’aventure est à nos pieds !


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