A Dalat avec Hoan

Respiration ! C’est la promesse de cette ville d’altitude, créée sous l’impulsion d’un explorateur français nommé Yersin, parti se promener dans les hauts plateaux du Vietnam. Il découvre la région et un climat nettement plus sain garanti par les 1500 m d’altitude. Il conduit ici ses travaux sur les maladies infectieuses et bientôt développe vaccin et cures. Les sources d’eau permettent de traiter les patients et la douceur climatique leur offre d’excellentes conditions pour une convalescence.

Très vite Dalat devient lieu de villégiature pour les expatriés français et les riches locaux. Lacs artificiels et chalets donnent alors une allure particulière à Dalat et ses environs. Une église, un couvent, un lycée sont construits et la ville s’honore un peu rapidement d’être un petit Paris. Elle a même une tour Eiffel nous dit malicieusement un chauffeur de taxi en désignant une haute antenne de communication qui en a effectivement la forme. Alors, nous faisons un tour de lac, celui du centre, pour admirer la verdure de la ville.

Plus tard, nous prendrons le petit train, en mode touriste complaisant, pour traverser les faubourgs et atteindre une pagode complètement baroque (si ce qualificatif n’existe pas ici, inventons le). Une balade au milieu des serres qui ont comblé tous les vides entres les maisons et les routes. Tout est dédié à la culture des fleurs et des légumes dans cette région au climat plus doux. La région de Dalat exporte des fleurs dans le monde entier. En fin de journée nous sommes abordés (comme souvent) par un type qui tout sourire nous annonce être le meilleur guide la ville. Et pour une raison étrange, je l’écoute me vanter ses mérites et je plonge un œil curieux sur les avis qu’il a eu sur Tripadvisor comme sur sa page Facebook. Il est là depuis 30 ans, il sait tout de tous les endroits à voir et nous propose un tour d’une journée pour demain. Chiche !

Il vient nous chercher avec sa voiture neuve ( qu’il emprunte en réalité à son frère) et des 9h nous sommes sur l’itinéraire d’enfants gâtés. Hoan va nous emmener là où les autres tours en groupe ne vont pas. Hoan va nous raconter l’économie locale, la lutte contre la corruption engagée par le président hélas décédé la semaine passée, les investissements immobiliers de riches venus de Ho Chi Min ville ou d’Hanoï qui bien souvent sont une couverture du blanchiment d’argent. Il va aussi nous expliquer la culture du café et du poivre noir, que l’on voit couvrir les collines environnantes et nous dire que ce sont des ressources très rentables et exportées.

Avec Hoan, nous verrons les principales chutes d’eau ou cascades, parfois invisibles depuis la route. Le climat très clément de Dalat autorise aussi les parcours de golf, peu fréquentés mais prisés par l’élite de ce pays communiste. Nous ferons une halte déjeuner au coin d’une route de campagne et mangerons la cuisine locale assis sur les très traditionnels tabourets en plastique de ces établissements. C’est épicé mais bon et simple. A deux nous en avons pour 4 euros bière comprise ! Qui dit mieux ?

Plus tard, viendra la visite d’une autre pagode extraordinaire. Nous monterons 256 marches à l’intérieur de l’immense statue de Bouddha féminine pour… rien, si ce n’est une vue sur la vallée. Mais aussi nous découvrons un bouddha du bonheur, celui au ventre rebondi qui permet de faire son tour par l’intérieur aussi (décidément le bouddhisme est un voyage intérieur). Et puis Hoan nous explique la présence d’au moins deux cents reproductions en pierre de cette bouddha femme : ce sont les témoins des donations de familles qui souhaitent ainsi montrer leur engagement. Curieux alignement de toute cette sagesse féminine.

Pour terminer, nous nous arrêtons dans une petite fabrique d’un café unique au monde. Ici les belettes locales mangent les grains café les plus mûrs sur chaque caféier et, plus tard, les renvoient dans la nature via leurs déjections. Or ces petites bestioles ne mangent que l’écorce du grain. Ce dernier trop dur se retrouve expulser et rendu au cultivateur avisé. Il les récupère, les nettoie et en fait un café au goût particulier, tellement recherché qu’il coûte plusieurs centaines d’euros au kilo ! Incroyable ! L’exploitation a donc un élevage de ces furets belettes et les laisse gambader dans les champs de caféier à la bonne saison. En prenant garde de leur éviter la rencontre fatale avec soit un python soit un cobra royal de plus de 2 mètres, que nous voyons ici dans leur cage ou bocal. Oui parce qu’ici on produit également de l’alcool de riz, base aromatisée au jus de serpent pour en faire une médecine douce…

Voilà ! Si tu vas à Dalat, cherche un Hoan et tu vivras de belles histoires.


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