Le centre du pays est une étroite bande côtière qui le sépare du voisin Laos. A près de 700 kms au sud d’Hanoi nous sommes arrivés à Hué en train de nuit (notre moyen de transport préféré). Un hôtel charmant à la piscine allongée nous héberge non loin du centre et de la célèbre rivière parfumée (fleuve par sa largeur).
Ici l’air est chaud, le soleil te fait des trous dans la peau mais l’humidité est relativement supportable. Alors c’est courageusement et en bons visiteurs français que nous prenons la direction de l’autre rive, pour y découvrir la fameuse cité impériale.

Première surprise, ce carré de 650 mètres de côté, sur le modèle de la cité interdite de Pékin (voir un long voyage précédent de Moscou à Pekin) est assez récent . Deux siècles à peine nous séparent de sa création. Destinée à loger et protéger l’empereur et sa famille, mais aussi sa cour, la cité comprenait à son apogée une petite cinquantaine de bâtiments dont les trois quart ont hélas été victime des B52 américains dans les années 60. Mais certains ont été restaurés magnifiquement et remeublés dans le style d’époque (19eme siècle pour l’essentiel).

Il fait chaud ! La visite est belle et la chaleur nous oblige à prendre le temps de nous mettre dans la brise d’un ventilateur salvateur à chaque occasion d’être à l’intérieur. Des intérieurs qui révèlent la vie d’autrefois, avec ces conventions sociales et un sens de l’ordre familial très puissant. Ici la mère de l’empereur devient la reine mère, alors même qu’elle n’est aucunement issue d’une famille ‘noble ou royale ‘. C’est l’empereur qui est choisi et qui entraîne à sa suite sa parente. Les grands-mères ont aussi toute leur place et certains des palais ou demeures de la cité les abritaient. De très beaux jardins agrémentent chacune des maisons de famille ou des temples ( attention ici un temple est dédié au souvenir d’un personnage important et non aux divinités).

Ainsi dans une cour, on découvre neuf urnes géantes en bronze qui contiennent les cendres et rendent hommage aux empereurs de la lignée Nguyen, au pouvoir jusqu’en 1950, date à laquelle Dao Bao abdiqua sous la pression des communistes. Il continuera à vivre dans la cité plus tard, perpétuant la tradition familiale.

Si les signes religieux sont peu présents dans cette cité, les représentants des animaux protecteurs des peuples et des rois du Vietnam sont nombreux. Dragons et tortues se montrent un peu partout et décorent à la fois les cours, les toits et les jardins. Un signe attire notre attention par sa forme géométrique particulière. Serait-il d’inspiration chinoise ? Nous apprenons qu’il est symbole de longévité et protecteur de la santé des personnes habitant le bâtiment qu’il décore. Dans ce pays très diversifié tant par sa géographie que par sa population, le sens de la vie et de sa protection est très ostensiblement exprimé.

La cité protégeait et protège encore les dignitaires et comme celle de Pekin ou d’Ayutthaya, elle diffuse une ambiance de sérénité et de temps donné au temps. Elle invite à la promenade paisible et à la méditation par sa beauté.
Bienvenue au cœur du Vietnam !