Trekking en pays Mong

Dans la vallée de Lao Chei ou de Ta Vàn, petits villages en contrebas de Sapa, les paysages sont sublimes. Alors comme tous les amateurs de trekking (que nous ne sommes que pour la journée), nous avons pris la direction des montagnes du Nord. Mais pour y arriver, c’est l’option du train de nuit qui a obtenu notre préférence, car le train en Asie, c’est toujours une expérience. Pour nos lectrices et lecteurs, j’indique que ce blog est né avec notre incroyable voyage en train de Moscou à Pekin en 2018 (oui c’était avant)…

Cette fois ci ce n’est que pour une nuit. Ou plutôt deux puisque nous reviendrons par le même itinéraire et dans les mêmes conditions. Le train est lent. Le train est remuant. Le train s’arrête un peu partout et repart péniblement. Mais si vous choisissez la couchette pour 2 personnes (sorte de luxe inimaginable pour un local) vous aurez droit à un lit double ! Et ça, c’est unique !!

Après avoir assez mal dormi malgré la climatisation et sans nul doute àcause d’un matelas plus proche de la planche de bois que de la ouate d’un oreiller, nous avons pris un mini bus navette pour finalement être là-haut à 7h30 du matin. Et à Sapa la ouate est bien présente ! Elle recouvre les collines et montagnes environnantes et s’incruste dans nos cerveaux fatigués. Sieste obligatoire avec vue sur la ouate…

L’après midi, après un tour en ville matinal et pluvieux, nous décidons de descendre dans la vallée. Ta, le sympathique homme a tout faire de notre hôtel finit par nous proposer de visiter le village de Cat Cat, à quelques petits kilomètres. Une balade d’une heure au total et sans pluie nous attend. Mais pour nous rendre au village nous irons en passager sur son scooter et celui d’un de ses amis ! Original sur une route sinueuse et pentue, nous voilà partis.

Surprise légèrement agaçante, il faut s’acquitter d’un péage de 150 000 dôngs par personne pour entrer dans ce village qui est au départ une succession d’échoppes vendant du fait main local. C’est en-dessous du village lorsqu’on approche la rivière que la visite commence. Une belle cascade, des gens qui viennent en costume traditionnel prendre quelques photos au bord de l’eau, et, enfin, quelques maisons typiques, donnent une autre tournure à ce piège à touristes. Oui, il faut te prévenir, à Sapa tout est prévu pour tondre le mouton touriste !

Nous traversons un pont et remontons 400m de route pour comprendre que la température de 23 degrés (très appréciée) est un leurre avec une humidité supérieure à 90%… attention ça mouille !

Le lendemain nous nous réveillons dans le brouillard, ce qui est la tendance météo habituelle. Au centre de la ville, une jolie planète bleue te confirme que Sapa s’est auto-proclamée fog city (ville du brouillard). Heureusement notre ami Ta est persévérant. S’il n’a pas réussi à nous convaincre de tenter l’excursion au sommet du mont Fansipan 3150m (plus haut sommet du Vietnam et plus largement de cette Asie du Sud-Est), il nous affirme, vidéo WhatsApp a l’appui, que le ciel est dégagé dans la vallée. Nous devrions aller marcher dans les villages Mong, dont il est lui-même originaire. Alors il nous trouve un chauffeur et un guide de 19 ans, nommé Toa pour nous accompagner entre Lao Chai et Ta Van. Ce sera sympa et vous pourrez manger un truc sur place avant de rentrer à l’heure pour prendre le bus de retour.

Oui c’est une balade qui débute sur une petite route, en descente et avec vue sur les rizières d’en face. Mais comme nous avons expliqué ne pas vouloir marcher dans la boue, et ne pas être équipé comme lui de bottes en caoutchouc, Tao nous désigne un pont sur la rivière pour passer par l’aire versant et rejoindre plus tard la route de Ta Van. Ça monte un peu prévient il mais c’est magnifique… Alors, oui ça monte et pas qu’un peu ! 2 kms de montée à 15 ou 20% de moyenne, certes au milieu de paysages sublimes, vont te rincer à tous les sens du terme. Ça tire dans les mollets ! On prend, arrivés en haut, un raccourci dans un chemin étroit mais encore pavé. Parvenus de l’autre côté de la colline, nous entamons alors une descente raide et glissante vers le village, non sans avoir saluer prudemment quelques buffles broutant gentiment dans des parcelles en jachère. Et là, tu comptes sur tes génois pour tenir la pente sans chute. Conséquence, la balade de 2 kilomètres restants d’un village à l’autre te paraît d’une étonnante facilité malgré l’été de fatigue avancé. Un peu moins de trois heures pour un parcours d’une dizaine de kilomètres, c’est correct pour des amateurs. Ici les tours sont généralement prévus sur 20 ou 25 kilomètres. Prépare toi, c’est chaud !

C’était beau. Toa parle un anglais très convenable pour un jeune qui a commencé à apprendre cette langue il y a moins d’un an. Il donne d’intéressantes explications sur la vie d’ici et sur son ethnie : les Muong noirs. Il y a plus de 45 ethnies différentes au Nord Vietnam. Plus que dans nulle autre région du monde ! La sienne a des coutumes et des couleurs qui la distinguent. Il nous parle de traditions, de mariage ou d’enterrement, nous montre son école.

Si tu viens un jour à Sapa, tu sais qu’il pleuvra et que le touriste y est considéré comme la source de revenus principale pour des peuples qui vivent dans la pauvreté et l’extrême simplicité et qui peuvent légitimement attendre de nous un soutien.

La montagne est belle et s’y promener est une expérience unique. Merci monsieur Ta !

PS : le train sur la route photo n’est pas celui qui nous a amené depuis Hanoï mais le train à crémaillère qui mène au départ du télécabine pour le sommet du mont Fansipan.


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