Hanoï et le temple de la littérature

Prévenons tout de suite le futur visiteur, au Vietnam les temples ne sont pas dédiés aux divinités mais plutôt à des activités ou disciplines conduisant à la sagesse et à la connaissance.

Ainsi dans la capitale du pays comme ailleurs on trouve divers temples à ne pas confondre avec les pagodes qui elles, sont des lieux de culte. Ajoutons que nombre d’habitants de cet ancien royaume sont taoïstes, une religion qui a la mère de tous pour déesse. Une religion féministe si l’on peut dire pour un peuple composé de plus de 40 ethnies différentes dont beaucoup sont matrilinéaires comme nous le rappelle le musée de la femme vietnamienne. Un musée intéressant mais un peu daté et empreint d’un discours lénifiant guidé par le Parti communiste au pouvoir depuis 1975 et la grande réunification des deux Vietnam peu après les accords de Paris signés avec les Etats-Unis de Kissinger.

Mais revenons en 1070. C’est l’année de la construction des premiers éléments du temple de la littérature, imaginé par un roi féru de la pensée de Confucius. Afin de promouvoir cette pensée, cette philosophie dans son royaume, il crée ce lieu pour accueillir et former de futurs docteurs, lesquels diffuseront leur savoir à la population. Bientôt il sera possible d’y recevoir 300 internes qui devront passer 4 concours pour être dignement lauréat. Alors on conçoit pour eux de véritables temples du savoir, agrémentés de cour intérieure et de bassin.

On aime franchir le portique des bons résultats : comme ça fait du bien ! Et malgré la chaleur étouffante que la moindre brise tente d’adoucir, la visite va jusqu’au bout. Deux derniers bâtiments sont à visiter. L’un est consacré à Confucius et il est bon de lui rendre hommage. L’autre résume en quelques tableaux l’histoire de cette aventure de la pensée et des premiers rois qui l’installèrent pour des siècles comme berceau d’une civilisation. Des stèles à l’honneur de quelques uns des célèbres docteurs en confucianisme sont encore visibles. Ils sont portés en quelque sorte par des tortues, animal sacré ici.

Une visite spirituelle à ne pas manquer lorsqu’on vient d’occident et qui donnent à réfléchir à la place de l’université dans un pays qui se veut inspiré par de grands philosophes.

Avant de quitter les lieux par une petite porte, indiquons aux visiteurs transpirants qu’il existe un espace climatisé ou l’on peut boire une boisson fraîche non loin et sur le côté de la dernière cour du temple… ce serait dommage de ne pas y faire une pause, et une fois la tête plus froide, d’y penser encore à la sagesse asiatique.

A l’extérieur du temple, Hanoï sait aussi vivre dans l’action et l’effervescence de ses avenues bondées de scooters et de street food d’une folle variété !


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