Visiter Chiang Mai, c’est se préparer à voir de très nombreux temples consacrés au culte Bouddhiste. Ce qui est fascinant, c’est leur concentration dans cette capitale régionale, que ce soit à l’intérieur du rectangle délimité par les douves et désignant la vieille ville comme à l’extérieur, jusqu’en haut de certaines collines ou montagnes de moyenne altitude. Des Wat, en veux-tu en voilà !
Chaque ensemble a son histoire, son importance, souvent aussi son animal de référence. Quelques-uns sont construits en utilisant plus largement l’or, le bois de teck ou l’argent. Pour le voyageur qui poussera la route du Nord jusqu’à Chiang Rai, il y verra dans sa campagne un temple bleu et un autre tout en marbre blanc, plutôt récent et œuvre résultant d’une donation extraordinaire. A Chiang Mai aussi, les temples sont témoins de la ferveur des bouddhistes de la Thaïlande (et avant cela du Siam).



En plein centre, vous ne pourrez échapper à la visite du Wat Phra Sing, très certainement le plus fréquenté par le touriste fraichement arrivé. Si nous devions vous conseiller, trouver un ou deux autres Wat pour vous « initier » au préalable, permettra de mieux apprécier la majesté de celui-là.
Car un Wat est un ensemble de bâtiments et non pas juste un temple. Les bonzes, moines d’aujourd’hui, y vivent, y enseignent et bien entendu, y pris quotidiennement. Ils y sont également ordonnés sous le regard bienveillant d’un buddha, le plus souvent imposant le respect par sa taille.
Entrons d’abord dans le Wat Kuan Khana. On remarquera que le cheval semble l’animal le plus représenté ici, à l’exception des Naras et des Garudas, animaux mythiques chargés de protéger Budhha. On s’intéressera aussi aux peintures murales qui décorent l’intérieur de chaque temple. Représentations de la vie de Buddha, elles dépeignent également la vie rurale, locale, et font le lien avec le peuple thaïlandais, souvent acteurs de ces scènes. De même, ce qui correspondrait dans les églises chrétiennes à un hôtel, accueille non pas une statue (on dit ici une image / une représentation) de Budhha, mais plusieurs, parfois plusieurs dizaines de tailles et de couleurs différentes. Notre attention se porte aussi sur l’importance des donations, des offrandes qui sont apportées par chaque visiteur. Fleurs en majorité, mais aussi dons financiers, sont déposés aux pieds ou tout autour de Budhha. Mais ici comme dans d’autres temples, tu peux toi aussi laisser une obole, en jetant une pièce dans chacun des 80 « bols » les réceptionnant dans un témoignage sonore.
A propos de pied, notez que l’on ne doit pas avoir les pieds qui pointent vers Buddha, mais vers la porte d’entrée, toujours à l’Est. Ce qui vous explique que les buddhistes s’agenouillent, et prient en laissant leurs pieds derrière eux.



Et maintenant, rendons-nous au Wat Phra Sing, pour y admirer la splendeur des décorations mais aussi la surabondance d’or, symbole de la puissance de la religion. A l’intérieur comme à l’extérieur, les décors peints et sculptés sont exceptionnels. Le mélange des verts émeraudes, rouges, bleus et or, le bois rougi ou sombre, les bas-reliefs des portes, tout est beau. Nous admirons les deux Prang émergeants de cubes en or, dont semblent vouloir s‘extraire des éléphants dorés également. En faisant le tour d’un jardin qui prodigue un peu d’ombre au visiteur, nous apprécions l’harmonie du lieu.
Pourquoi un Wat là-haut sur la montagne ?
Autre rendez-vous incontournable de la visite de la ville des roses (traduction de Chiang Mai), l’ascension du Doi Suthep, pour entrer dans un temple dominant la région. Il faut s’y rendre en transport collectif ou en taxi, car la route monte vraiment fort pendant une dizaine de kilomètres (en partant du centre ville – cf nos conseils pratiques ici). Et une fois sur place, la foule du dimanche est là. Touristes mais aussi locaux sont très nombreux à se lancer dans la montée des 344 marches donnant accès au Wat Prathat. Nous y retrouverons les mêmes éléments essentiels au Wat, avec toutefois cette particularité que le visiteur croyant est invité à faire trois fois le tour du Prang doré, en récitant quelques paroles de Buddha et en tenant dans ses mains une fleur de lotus. De même, il sera prudent et porteur de chance de sonner les cloches du parcours extérieur, tout en admirant la vue sur la région et la ville de Chiang Mai. Il fait un peu moins chaud là-haut, l’air est plus respirable qu’en ville, alors on prend son temps pour s’imprégner de l’esprit du bouddhisme.
Mais si ce Wat est en altitude, c’est parce qu’un éléphant blanc en a décidé ainsi ! L’animal, porteur d’une relique de Buddha a longtemps erré dans les montagnes alentour. Il y a en Thaïlande beaucoup de reliques et qu’il s’agisse d’une vertèbre ou d’un autre fragment sacré du personnage central de la spiritualité asiatique, elles furent généralement cachées à l’intérieur des Prang, il y a des siècles). Et puis, un jour l’éléphant a terminé sa course là ! Et c’est tout naturellement que le Wat a été construit sur cet emplacement. Au-delà de l’histoire racontée, c’est tout l’importance de la nature pour le bouddhisme que révèle ce lieu. Les animaux mais aussi les arbres, la végétation, les rivières, les éléments sont indispensables à Budhha. Méditer, atteindre cet état de sagessse, d’illumination, exige d’être en parfaite harmonie avec la nature. La Wat Prathat illustre parfaitement cet équilibre entre la nature et l’esprit.



En redescendant dans la ville, nous avons encore de nombreux Wat à visiter. Tu pourrais croire qu’il est facile de s’en lasser. Et pourtant, chacun apporte quelque chose et nourrit notre expérience. Ici un moine officie, ailleurs le Buddha est allongé, parfois nous sentons le temps s’étirer comme au Wat Phuan Tao, par exemple. Ou encore au Wat Sri Suphan au sud de la ville, qui est couvert d’argent. Sans oublier le Wat Chet Yot, situé à quelques centaines de mètres du musée national, en bordure d’une 4 voies qui le rend difficilement accessible à pied. Ce Wat mélange ancien monument et culte actuel avec notamment la présence d’un arbre sacré vieux de plus de 200 ans, que l’on peut aider à perdurer en financement des « poteaux de soutien » pour ces vielles branches.
La suite appartient à chaque visiteur, à chaque balade initiée à un coin de la ville et te conduisant là où tu n’imaginais pas rencontrer un autre Wat.
You say Chiang Mai, I say Wat you want…