Ayutthaya : une cité royale perdue dans la moiteur

Visiter Ayutthaya devrait se faire en étant véhiculé, parce que les monuments à voir sont nombreux et espacés autour d’une vieille ville délimitée, comme souvent ici, par des canaux ou rivières. Le faire à pied est un challenge qui peut devenir suffocant, à mi-journée.

Alors, nous avons fait des choix afin de limiter le parcours et de découvrir dans de bonnes conditions quelques-uns des sites les plus impressionnants. Sans surprise il s’agit surtout de temples, ou sites dédiées à la religion, édifiés par les différents rois qui se succédèrent dans cette campagne calme pour diriger le Siam, loin des agresseurs birmans de l’époque.

Commencer par le Wat Mahathat est une idée simple mais intéressante. Il est d’ailleurs très fréquenté, et on y trouve les vestiges qui forment la base de tout ensemble consacré au culte de Buddha. Erigé au XIV ème siècle de notre ère (attention en Thaïlande comme dans d’autres pays pratiquant le bouddhisme, les années ne sont pas les mêmes – elles débutent à la mort de Buddha plus de 300 ans avant le Christ), le temple a été rénové par la suite par un autre roi, au XVIIème ce qui nous offre quelques vues sur des colonnes, des chedis partiellement en état, et bien entendu une idée de l’organisation des bâtiments autour du « prang » central. Ce dernier, comme dans tous les Wat Mahathat, renfermait une relique de Buddha (en principe un morceau du squelette, une vertèbre par exemple…). On pourrait la voir au musée national, si toutefois on y parvient avant 16h…

Mais le clou du spectacle de cette première visite, est une tête de Buddha, une représentation de son visage, incrustée littéralement dans un vieil arbre (un banian). Impressionnante vision !

Tout à côté se trouve le Wat Ratchaburana, édifié en 1424 nous dit le guide et qui a conservé un magnifique prang, contrairement à beaucoup d’autres détruits à la fois par l’érosion, les inondations, les tremblements de terre et autres dégâts infligés par les hommes au fil des siècles. On remarquera que les Bouddhas d’Ayutthaya sont un peu tristes dans leur expression, ou au moins mornes, alors qu’ailleurs dans le pays, ils sont à la fois plus tranquilles et plus souriants. Les temps de règne dans cette région, ont été marqués par la rivalité avec les birmans et un climat de guerre plutôt pesant.

Nous irons ensuite voir le magnifique ensemble du Wat Phra Sri Samphet, où s’alignent trois chedis dédiés aux trois premiers rois de la région. De nombreuses représentations de Bouddha se trouvent aussi au détour des allées. Pour accéder à ce site, nous avons traversé à pied, un parc superbe, parsemé d’étangs couverts de fleurs de lotus, et de quelques vestiges d’autres lieux de culte, une balade bien agréable loin des tuktuks et des voitures.

Juste à côté se trouve cette fois, un bâtiment moderne, un temple d’aujourd’hui, ouvert et fréquenté par tous : le Way Phra Mongkhon Bropith qui abrite un immense Buddha assis en bronze. Intéressant de suivre les prières et dépôt d’offrandes qui témoignent de la ferveur des visiteurs.

C’est déjà pas mal ! Oui mais, nous avions envie de rendre une petite visite au musée. D’abord parce qu’il est climatisé et qu’en fin de journée de visite, ça fait du bien, mais surtout parce qu’il contient quelques pièces magnifiques de l’art de l’époque. A la fois dans les représentations de Buddha (je reviendrai dans un prochain article sur la signification de certaines des postures fréquemment vues), mais aussi dans des objets du quotidien, des symboles culturels d’une région tombée dans l’oubli, jusqu’à des fouilles commencées au milieu du siècle dernier.


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