Prenons le train pour Ayutthaya

La Thaïlande ne se résume pas à Bangkok et aux iles qui font la joie des chercheurs de plage et d’aventures télévisuelles. Heureusement ! Il y a eu d’autres peuples, d’autres rois, d’autres cultures que celle qui croise la route de l’Occident et s’éprend comme lui de 5G et de selfies instagrammables. Tout n’est pas perdu. Ou alors, ce n’est pas si loin et si tu t’intéresses à ce qui était, ce qui faisait la beauté d’un peuple et d’un pays avant, il te suffirait de prendre la route pour t’y retrouver.

C’est en tout cas ce qui nous entraine vers le Nord. Doucement pour commencer. Très doucement même si tu compares le train 221 avec un train intercité de notre honorable SNCF. Nous allons vers Ayutthaya, une ancienne capitale du royaume du Siam. A une époque coincée entre le 14ème siècle (de notre ère chrétienne) et l’invasion coloniale, le Siam regroupait la Thaïlande, le Laos et le Cambodge, dans un seul royaume, tour à tour dominé par les Khmers ou les bouddhistes d’influence sri lankaise (comme c’est le cas aujourd’hui en grand majorité dans le pays que nous visitons).

Ayutthaya abrite quelques uns des plus beaux vestiges de ces temps où l’occident n’existait pas aux yeux et aux oreilles des habitants et des rois du Siam. C’est une sorte de ville musée. Comme pour les autres sites découverts au 20ème siècle et restaurés, les temples principaux sont situés à l’intérieur d’une enclave entourée d’eau, formant d’ailleurs une île. L’eau est essentielle aux rituels de la religion bouddhiste (comme pour toutes) et à la purification des âmes. Tu apprendras plus tard, que l’une de « images » de Bouddha est une posture repoussant la peur née d’un déchaînement climatique ayant entrainé tempêtes et inondations (déjà).

Mais avant de visiter, il faudra prendre un train en troisième classe. Hardiesse du voyageur, penses-tu ? Aucunement puisque tu n’auras pas d’autre choix. De cette gare qui date d’un autre siècle, partent des trains troisième classe et c’est tout ! Alors te voila assis sur des banquettes d’un bleu légèrement passé et parcourant la ville géante à l’allure de la tortue qui s’arrête en chemin pour déguster quelque salade. Presque deux heures pour couvrir les 80 kms qui nous séparent de ce monde à la campagne. Un train qui s’arrête aux passages à niveau en ville (car il y en a beaucoup moins ensuite). Un train qui siffle qui ronronne, qui passe devant l’aéroport des vols intérieurs et qui s’élance enfin, à un très jovial 60 kms/h en direction du passé.

Plus tard, nous prendrons un train deuxième classe, pour aller plus au Nord et nous y serons installés avec la climatisation qui n’existe pas en classe inférieure. Heureusement il n’a pas plu ce jour là, et nous avons aimé rouler cheveux aérés par une brise humide entrant dans le wagon avec entrain, à l’instar des vendeuses et des vendeurs de coupe-faims.

Bienvenue sur les voies ferrées de la Thaïlande !


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