Seattle est une ville à part. Un site entre terre et eaux. Un ciel changeant avec les brises du Pacifique et les contrastes de température entre l’océan et les montagnes lointaines. Une ville de collines habitées, façonnées par des urbanistes visionnaires dans les années 30. Une ville à l’activité incessante, où les innovations sont toujours mises en lumière, comme nous le verrons dans une exposition financée par la fondation de Jeff Bezos, au musée qui borde le lac Union. Une ville de lacs où les habitants se retrouvent en toute décontraction, pour une jogging ou un BBQ.

J’aime cette ville. Elle est à la fois moderne, et tranquille. On peut y faire à peu près tout : du bateau, de l’hydravion, des promenades à pied, des découvertes, des visites, des rencontres dans des bars animés et colorés, et pour d’autres, du business. Amazon, Starbuck, Boeing, Microsoft, sont des enfants de Seattle. Un passage à la Roastery de Starbuck, où l’on brûle réellement le café que l’on vous sert, donne une idée de ce que touristes et locaux partagent ici : un goût prononcé pour une culture ouverte sur le monde, et le respect de tous.
Capitol Hill, est cette colline surplombant le centre de la ville, peuplée de maisons cossues. Un quartier très agréable à parcourir, avec ses parcs et son réservoir (dans Volunteer Park), un village dans la ville. On ne peut manquer certaines attractions légendaires de cette ville comme la Space Needle et le Seattle Center qui abrite le musée de la pop-culture (au sens musical et culturel du mot pop). Ou le fish market et ses stands de crabes et d’huitres, les docks où se garent les ferrys à destination des iles d’en face et même de Vancouver au Canada (où se chantent des souvenirs amers, parfois).

Visiter Seattle c’est aussi faire un tour du coté de l’Université de Washington (Washington University à ne pas confondre avec sa soeur Washington State University). Un campus magnifique, avec ses bâtiments au style britannique inspiré des prestigieuses universités anglaises (Oxford, Cambridge). Un campus en pleines vacances mais qui voient quelques étudiants résidents déambuler et se retrouver dans des petits bistrots alentour. Nous y visiterons une expo dans la Henry Gallery, tout à fait inattendue et révélatrice du foisonnement intellectuel local. Une artiste d’origine colombienne y expose son oeuvre en grand. Donna Huanca impressionne par sa vision des couleurs et des messages propagés par ce brassage culturel dont elle est témoin.

Seattle mériterait qu’on s’y arrête une semaine ou plus. Nous n’avons pas eu le temps de grimper en haut d’une tour pour admirer le couché de soleil, ni de survoler les environs en hydravion, ni même de visiter le site de Boeing ou de jouer aux palets en dégustant du cidre fabriqué localement (l’état de Washington est un grand producteur de pomme). Mais nous avons goûté l’atmosphère particulier de cette cité démocrate, où se sont révélés des artistes majeurs comme Jimmy Hendrix ou Nirvana, où la « gauche politique américaine » s’exprime et porte haut la liberté de cette nation. Un peu comme si arrivé au plus loin vers l’Ouest, ses habitants ne souhaitaient plus jamais repartir en arrière…
Les nuits d’été sont belles à Seattle. Une ville qu’on quitte trop vite et où il faudrait revenir souvent.