Il fallait bien partir. La Norvège nous a accueilli de son mieux, et puis la route vers le sud nous a ramené en Suède, au bord de la mer, à Helsingborg, prêts à traverser en regardant vers Copenhage, cette ville magnifique et si différente d’Oslo. Nous avons passé plus de deux semaines chez les norvégiens, et nous avons vu des paysages extraordinaires. Vraiment ! Si vous avez lu ce blog, ou vu les photos du jour, vous le savez : un voyage en Norvège est une expérience visuelle inouïe. Culturellement c’est aussi un choc pour nous qui nous pensons latins, plus chaleureux, plus enjoués aussi, plus superficiels sans doute que les rudes peuples du Nord, enfermés dans une morale luthérienne rigoureuse.

Nous avons aimé le bleu du ciel et de la mer, le bleu des yeux des norvégiens aussi, même s’ils sont plus sombres que l’azur méditerranéen. Les montagnes découpées dans des verticales grises tachées de vert, les cailloux, le rocher, donner des reflets durs et parfois noirs aux visages et aux maisons parsemées là tout en bas. Le bois est omniprésent. Il est le matériau de construction des maisons, des bateaux, qui relient et abritent hommes et femmes de la rigueur de la nature. Ici la tempête, le vent, le froid, doivent durcir la vie des gens, et les enfermer dans leurs intérieurs. Ici vivre dans sa maison, c’est vivre toute l’année ; alors quand ils sont dehors les norvégiens profitent enfin de la nature apaisée par l’été, mise en lumière par des jours qui n’en finissent pas.
Le pays est riche et si tout le monde a un emploi en Norvège, il ne doit pas être facile de s’intégrer dans la communauté. Nous aurons vu aussi beaucoup de migrants dans les villes importantes, beaucoup d »étrangers » dans les personnels des hôtels et nous avons senti que rien n’était évident pour eux. Pour venir en Norvège, il faut aimer la mer, la montagne, la rudesse d’un climat polaire (ou presque) et la simplicité, la frugalité d’une vie passée à attendre les beaux jours si peu nombreux.

Nous partons sans émotion particulière. Heureux bien sur de nous diriger vers le sud, vers des températures plus estivales et surtout vers davantage d’effervescence dans la vie quotidienne. Nous avons fait le plein de belles images, de cette beauté de la nature à l’état sauvage qui nous manquera certainement une fois revenus dans l’agglomération parisienne… Cette nature qu’il nous faudrait protéger et respecter davantage, comme le savent les nordiques, eux qui n’ont guère d’autre trésor à partager. Eux qui pêchent et qui se déplacent sur des océans, des mers vite hostiles. Eux qui croisent des élans, des rennes et même des ours dans leurs forêts et sur leurs routes.
Reviendrons-nous un jour aux iles Lofoten ? Il reste tant à faire et à découvrir, que ce n’est pas impossible. Dès que voudrez gouter à la joie d’une eau pure et d’une plage immaculée, vous saurez qu’il vous faudra gagner le Nord. En attendant, nous faisons route vers Copenhage où la foule des touristes riant de se presser dans des bistrots sur les quais des canaux, profite d’un rayon de soleil pour s’étaler en terrasse.
Bye bye la Norvège et la Suède !