Après Trondheim qui nous a réservé un temps bien plus maussade auquel nous n’étions plus habitués, nous prenons la direction de Lillehammer, loin des fjords et des iles. Pourquoi cette halte sur la route d’Oslo ? D’abord parce que le lieu évoque aussitôt les Jeux Olympiques d’hiver, et probablement un site montagneux et une ambiance de station de ski européenne. Nous avons cette envie de découvrir comment les nordiques vivent le ski en général et les activités dont ils sont les rois, comme le saut à ski par exemple. Alors c’était quand les JO à Lillehammer ?
En 1994, et d’ailleurs, nous allons séjourner dans un hôtel qui a accueilli la délégation des JO pendant cette période, dans un cadre très vert (c’est l’été !) et finalement un peu vieillot. En 1994 donc, Lillehammer succède à… Albertville ! La Norvège montre dans sa cérémonie d’ouverture qu’un village perdu dans ce grand mais peu peuplé pays, peut faire aussi bien qu’un autre village français ! Deux ans séparent les deux événements et si vous me demandez qui a gagné le concours de saut à ski en 1992 ou en 1994, je serai bien incapable de vous répondre sans faire un tour sur Wikipedia… C’est un norvégien qui sera sacré au « petit tremplin » du nom de Espen Bredesen, devançant son compatriote Latte Ottesen, tandis qu’au grand tremplin le même Bredesen sera devancé par un allemand (quel scandale !) Jess Weissflog, qui recevra une autre médaille d’or pour le concours par équipe ! Les norvégiens ne figuraient pourtant sur aucun podium de la discipline 2 ans auparavant !

Plus fou encore, en ski de fond, les norvégiens remportent toutes les épreuves masculines à Albertville, y compris l’épreuve du relai par équipe dans laquelle figure une star de la discipline: l’inévitable Bjorn Daehlle ! Tandis qu’à Lillehammer, le grand Bjorn ajoute quatre médailles (dont 2 en or) à sa collection mais le Norvège est dévancée par l’Italie en relai tandis que c’est un Kazakh qui gagne le 50 kms !
En 2016, la petite station norvégienne a reçu les JO d’hiver pour les jeunes, avec en ligne de mire les JO d’hiver de 2026 (mais ce projet a finalement été abandonné, pour l’instant, par le gouvernement).
Et nous ? Autant vous le dire, nous ne ferons que 7,5 kms dans une randonnée pour rejoindre le départ des tremplins de saut, après avoir remonté une très belle rivière réservant quelques cascades spectaculaires au milieu d’une forêt assez fréquentée puisque située au sortir du village. Lillehammer est en réalité un gros village, au bord d’un lac (encore un) et s’étirant vers le haut de petites montagnes (450 mètre d’altitude). Décevant non ? En fait, l’ambiance est là ! On se retrouve vite sur l’artère principale rendue piétonne, au milieu d’une foule d’étudiants et de touristes venus de partout dans le monde (oui il y a aussi des groupes de chinois ici) et dans un pub / restaurant qui n’a rien à envier à certains chalets savoyards.

Après avoir testé la piscine en extérieur et en intérieur de notre hôtel pour ménager nos muscles, nous serons heureux de reprendre la route vers Oslo. Atteindre enfin la capitale des vikings, cette ville au sud du pays, est une sorte de balise géographique de ce voyage dans le grand Nord. La pureté des ciels des Lofoten nous manque déjà ; l’intensité dramatique des paysages aussi…
Précision pour les fans de sport : Oslo a également organisé des JO d’hiver… en 1952 !