Une semaine ou presque à se promener entre les montagnes et l’eau bleu, turquoise ou parfois même émeraude, et nous ne vous avons pas parlé de poisson !
Il est frais mon poisson, il est frais, aurait dit Odralfabetix ! Mais ici on croise des camions, des transpalettes chargées de poissons séchés, entiers ou sans la tête ! Etonnant spectacle mais tradition locale. Les trois principaux poissons péchés dans les eaux froides du Nord de l’Europe sont le Torsk (Morue, Bacalao, Code Fish selon les langues), le Laks (saumon, salmon que l’on trouve partout au petite déjeuner) ou encore l’inévitable et peu goûté en France, le Sild ( le hareng agrémenté de sauces pickles parfois surprenantes et même sucrées – il est mondialement célèbre pour sa couleur argentée spécifique à son origine norvégienne). Enfin, nous n’oublierons pas le Haddock (nous renvoyant cette fois à un personnage de Hergé) et qui est en fait le mot norvégien pour désigner l’aiglefin. Un poisson particulièrement prisé ici, et que l’on ne trouve guère ailleurs que le long des côtes norvégiennes.

Or la pêche a ses saison, exactement comme la récolte des fraises (nous verrons sur la route, entre deux Fjords, quelques champs de fraises emplis de gentils cueilleurs). Et par exemple la morue, notre cabillaud, se pêche plutôt en hiver. Elles arrivent par centaines de milliers pour se nourrir le long des fjords norvégiens entre janvier et avril, et c’est à ce moment que ceux qui résistent au froid du cercle polaire, peuvent constater que lancer un hameçon est suffisant pour remonter de l’eau l’un de ses magnifiques poissons (voir à ce propos un article ici). Rappelons qu’en France, ce sont 73 000 tonnes de cabillaud, sous toutes ses formes, qui ont été importées en 2014 de la Norvège (la production de Norway Seafoods étant estimée à 260 000 T par an).
Alors puisque les Lofoten sont les îles les mieux placées sur la route des espèces citées ci-dessus, il semble évident que c’est la raison principale pour les habitants de ces terres hostiles de s’y être installés. Ici tous les villages sont des villages de pêcheurs (à l’exception de quelques fermiers et désormais des structures dédiées au tourisme fleurissant dans cette destination nature). On voit donc des bateaux de pêche partout, mais aussi d’immenses séchoirs à poisson. Ceux-ci sont en bois, et couvre les rochers ou terrains disponibles à peu près dans chaque village. Plus rares, sont les entrepôts ou les stocks visibles de poisson séchés, mais on comprend bien que la ressource alimentaire et commerciale essentielle des norvégiens est une denrée que l’on doit impérativement conserver pour toute l’année. Les. norvégiens consomment ainsi le saumon fumé ou confit (un délice le matin), le haddock fumé ou séché, le cabillaud également, etc…

A noter que pratiquement dans tous les restaurants du littoral vous trouverez au menu des moules marinières. Des crevettes aussi, qui peuvent constituer un plat principal et il faudra alors vous armez de patience pour en décortiquer une pleine assiette !…
Pour ceux qui n’aiment pas le poisson, pas d’angoisse, les. norvégiens mangent aussi de la viande, et élèvent des vaches et des moutons. L’agneau est souvent délicieux. Mais pour les amoureux de la pêche, le paradis est certainement norvégien, et nous croisons des visages épanouis partout ou l’on pratique cette activité, c’est à dire partout !…