On ne pouvait pas passer à côté ! Le Bouddha est partout ici et pendant ce voyage, depuis la Mongolie, dans certains lieux de Chine, et plus encore, naturellement, sur une île thaïlandaise. Zen attitude et massage seraient-ils ce qui démultiplie l’envie de voyager au bout du monde de cette cohorte de scooters maniés par des européens sur les routes de Koh Phangan ? Ou bien faut-il y voir une réflexion « égotrippée » sur le modèle de pensée et de méditation suggéré par Bouddha « himself » ?

Hier soir, à l’Alcôve, un restaurant ouvert et tenu par deux françaises expatriées de leur plein gré jusque sur cette minuscule parcelle de terre, il ne faisait guère de doute que la cool attitude envahit sans brusquerie mais sans rencontrer non plus de farouche résistance les convives comme les hôtesses. Le tatouage est de rigueur, tu franchis la porte en laissant tes « shoes » sur le seuil et tu t’affales autant que possible pour savourer quelques mets délicieusement juchés à la frontière des cuisines Thai et « à la française » que l’on te sert avec un large sourire. Deux tables sont mêmes dressées sur une espèce de radeau sans méduse amarré à trois ou quatre pas de la plage (et donc du restaurant), et on trouvera toujours un ou deux couples d’illuminés romantico-loinsdechezeux pour tenter de prendre un repas sur une coquille de noix ! Bref !

Repartons sur la terre et découvrons au fil des routes sinueuses les quelques sites dédiés au bouddhisme que l’île cache précieusement. Les temples sont implantés sur des sites bien plus vastes et qui sont souvent des monastères. Les bonzes ne se montrent pas forcément à qui passe par là, mais l’atmosphère de ces lieux reste particulière. Encens et couleurs vives (le rouge et l’or sont les couleurs sacrées du Bouddha qui une fois mélangées donnent cet orange si caractéristique de la pensée orientale), sont omniprésents et nous plongent, si ce n’est dans la béatitude, au moins dans un songe respectueux. Il faut apprécier ces instants de calme, de propreté éclatante et de pureté mystique, au beau milieu d’une jungle tropicale, qui sont tout simplement extraordinaires. Feront-ils de nous des personnes plus sereines et plus désintéressées des biens matériels de notre civilisation ?
Vous en aurez une idée si d’aventure nous nous croisons sur le chemin de la zénitude, ou dans les alentours de la région parisienne, lorsque nous y serons ramenés par les vents…
D’ici là, nous reprenons un verre au bar, en attendant… Bouddha !