Oulan Bator, avec ton cœur de Mongol

Notre train a passé la frontière russo-mongole dans la nuit et ce matin le réveil sonne à 6 heures par l’intermédiaire d’un coup frappé par notre chef de bord chinois, sans ménagement. Car en fait, le train sera en ville dans une heure ! Avant cela, nous regardons avec curiosité ce qu’est ce fameux paysage mongol dont tout le monde parle… De grandes étendues vertes recouvrent les collines et sont la proie des troupeaux de vaches ou de moutons qui se baladent sans gardien. Rien d’extraordinaire mais quelques formations rocheuses découpent le ciel et nous distraient jusqu’à l’arrivée dans la banlieue de la capitale.

Au vue des nombreuses zones habitées que nous traversons à faible allure, on s’imagine déjà que la majorité de la population du pays s’est massée autour de la ville phare. Oulan Bator (nouveau nom donné à cette cité) est le lieu de rassemblement de tous ceux qui souhaitent sortir du nomadisme séculaire et qui pourraient profiter de l’essor économique de la nation depuis son accès récent à la démocratie (en 1986) dans le sillage de son imposant voisin chinois.

Les yourtes sont encore nombreuses et leur chauffage au charbon (nous l’apprenons en lisant le guide Lonely Planet) est le premier responsable de l’énorme pollution de la capitale. Reloger tout ce monde exige un plan d’urbanisme colossal dans une région où l’été dure trois mois, et où l’hiver, les températures pointent à -35° en moyenne. Construire à Oulan Bator n’est pas facile.

Tout à l’heure, nous trouverons un gars « sympa » à la gare pour nous emmener jusqu’au best Western réservé à l’avance, évitant ainsi, pensons-nous, les arnaques des vrais faux taxis qui nous assaillent à peine le pied posé sur le quai. Ah ah ! Le gars sympa est malin ! Il noius vend sa brochure spéciales « tour operator » mongol et pendant ce temps nous fait faire un gentil petit trajet dans la ville pour finalement arriver à notre hôtel et nous facturer 5000 tugruts (ce qui équivaut à 1,7 €) ! Une bonne affaire, sauf si je vous explique que le prix au km est de 1000 T et que la distance réelle indiquée par Google Maps était de… 800 m !..

Oulan Bator est une ville moderne en plein développement, très fortement embouteillée et enveloppée d’un nuage de pollution incroyable pour qui pense à l’immensité de ce pays.

Mais la capitale des fiers mongols est pleine de contrastes et de surprises comme vous lirez plus tard…

Avant d’en faire la découverte, revenons quelques heures en arrière. Ce moment d’aventure que constitue le passage de la frontière à bord d’un train russe managé par des chinois et qui entre en territoire mongol. Les officiers russes se succèdent à bord, contrôlent nos passeports, font monter à bord des chiens de fouille, vérifient chaque compartiment, démontent les faux plafonds du couloir à la recherche de je-ne-sais-quel colis suspect, et nous prennent deux bonnes heures de notre temps. Ils sont tirés à 4 épingles et ne sourient guère ; ambiance soviétique de rigueur !

Et puis un visage féminin, plutôt mongol d’apparence, surgit dans l’embrasure de la porte, alors que le type de la douane vient de sortir de notre wagon. Cette femme habillée « local » nous glisse un furtif : « change money » qui nous laisse sans voix ! Comment est-ce possible ?? Comment ce trafic de change d’argent, peut-il exister à la vue de tous ceux qui prétendent nous imposer une morale de rigueur ? C’est la magie du voyage et croyez-nous, ce n’est pas fini…


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