Un jour tu iras en Sibérie

Comme nous nous en faisons la remarque de tant à autre, il y a des endroits où nous ne serions pas venus si le transmogolien qui nous héberge si gentiment depuis 2 jours (déjà) n’y passait pas ! Evidence du voyageur qui se rend dans des endroits improbables et qui souhaite en partager la découverte fortuite. Oui nous sommes en plein cœur de la Sibérie, après avoir longé (de loin) pendant des centaines de kilomètres la frontière du Kazakhstan ! Et en Sibérie, quand nous en parlions dans notre enfance, il fait froid et on y envoie ceux qui s’opposent au système central de l’ancienne CCCP.

Et aujourd’hui ?

Difficile de vous en faire un compte-rendu objectif car nous ne descendons que trop rarement de notre train ; et encore, c’est le plus souvent pour une courte halte qui nous interdit de dépasser le périmètre de la gare. Ce que nous voyons depuis nos fenêtres, peut-il être un reflet de la réalité quotidienne, ici au cœur de la Russie ?

sibérie usine 1

Il y a des plaines interminables, il y a des forêts énormes, et il y a aussi quelques villages au milieu de nulle part (enfin c’est ce que nous pensons en les regardant filer devant nos yeux). Des maisons en bois et des toits en tôle ondulée, prenant quelque légèreté dans leurs couleurs, avec l’austérité imaginée. La vie en Sibérie ne doit pas être si distrayante tous les jours. Surtout l’hiver vous vous en doutez. Les gens sont vêtus simplement avec pour les hommes, une vague tendance au pantalon kaki (militaire ?). Des campagnards peut-être ? Des gens peu colorés aux visages marqués et qui attendent un train « intercités ». Ou alors des ouvriers qui sont disséminés le long des voies par un camion suiveur, et qui entretiennent avec minutie le long chemin vers l’Est. Au vu du nombre impressionnant de trains que nous croisons, sachant que l’histoire de la ligne remonte à la fin du 19ème(1892 pour les locomotives et trains traversant le pays), il est impératif d’y travailler en permanence. On imagine le nombre d’employés sur la totalité du trajet. Attendre seul au milieu de la forêt que le camion vous ramène au village, doit forger la patience et le mental d’un homme, ici.

sibérie hall de gare

Le sibérien est (comme le russe) un peu sec au premier contact. Il est habitué à un climat rude et à peu de communication. A l’image des paysages que nous traversons, il ne nous parait pas nécessaire d’y consacrer des mois (pour ne pas dire des journées). Mais cette traversée sibérienne nous rappelle que l’essentiel pour l’humain est de prendre le temps d’aller voir ailleurs. Aussi loin que se soit enfoncé ce train dans l’intérieur de la république de toutes les Russie, nous voulons en prendre tout notre compte. Nous accueillons avec gourmandise chaque vue, chaque mot entendu ou prononcé, chaque regard échangé pour tenter de se comprendre. La rencontre est difficile mais la lenteur relative de notre train nous aide à sortir de notre culture hyperactive.

sibérie village 3

Demain nous serons autour du lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce du monde. Et puis ce sera très vite l’entrée en Mongolie via Ulan Ude. Aujourd’hui, permetez-nous profiter un peu de la Sibérie orientale !


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